Portrait en creux

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Portrait en creux

Message par Menuiziebihan le Mar 18 Mar - 16:22

Comment se présenter sans s’imposer , dire deux mots de soi c’est déjà parler d’un autre : celui que l’on pense être mais qui n’est en aucun cas celui que l’on voit quand on vous regarde. Pourquoi cette remarque liminaire ? Car beaucoup d’écrivains qui ont plus ou moins joué avec cette idée m’ont littéralement aspiré dans la littérature pour après m’inspirer, un peu, dans certains textes. La liste est longue, Camus bien sur, relire Caligula, la pièce est une fiction absolue mais ce texte fut et reste une borne dans mon adolescence, Hervé Bazin, les textes classique mais aussi Chapeau bas ou la Tête contre les murs, Pirandello et je m’arrêterai là mais je pense que chacun peut continuer aisément la liste, je vous laisse donc le soin de le faire.

D'autant que d’aucuns auront plus de savoir faire et d’à propos pour parler des auteurs qu’ils connaissent et qu’ils ont parcouru,alors que pour ma part je reste au niveau des impressions, le plaisir d’un texte, une phrase qui surnage au fil des pages tel la rémanence d’un éblouissement, la chose est rare mais il arrive qu’elle se produise, le dernier d’Ormesson, par exemple, autant ses précédents écrits m’ont épuisé, l’homme est charmant mais...épuisant, autant son dernier ouvrage "Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit" m'a pris un peu de court,  je me suis surpris à ressentir quelque chose d’assez particulier car il parle de son amour pour une femme (son épouse?) qu'il appelle Marie en des termes qui m'ont laissé songeur, je ne parlerai pas de nostalgie, ce serait exagéré, mais quelque chose qui navigue entre le regret et l'envie.

Il y a  aussi Iréne Nemirowski dans Suite Française, un style extrêmement classique, une façon de décrire l’exode qui laisse rêveur, mais au milieu de tout cela, deux phrases : "Les événements graves, heureux ou malheureux ne changent pas  l'âme d’un homme mais ils la précisent, comme un coup de vent en balayant les feuilles mortes révèlent la forme d’un arbre" et  "Ce qui a eu un commencement a une fin, en un mot, que les catastrophes passent et qu'il faut tâcher de ne pas passer avant elles, voilà tout. Donc d'abord vivre : Primum vivere. Au jour le jour. Durer, attendre, espérer".
D’autres auteurs bien sur, mais la liste serait longue et épuiserait les âmes les mieux intentionnées, je me suis laissé dire qu’il y en avait.
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