Dites- moi, cher Fabien...

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Dites- moi, cher Fabien...

Message par CyrilG le Lun 23 Juin - 14:10

Voilà, sur l'instant je peux juste dire que la paire de gifles de Valérie sur mes joues sans vergogne ont crée un double impact qui a suspendu le temps et mes réflexions. Aller-retour.
Un coup de fouet , le knout sur le moujik que je suis, ceci en plein milieu du délicieux salon de thé Versaillais où nous dégustions poliment un excellent Darjeeling.
Vous aie je dit que Valérie, 38 ans, ma fidèle amie, amoureuse épisodique, joue très bien au tennis ?
Ne jouant pas moi-même au tennis, je tombe facilement en pâmoison devant la ferme beauté de ses bras et de ses épaules sur le court.
Valérie-bien élevée-connue pour son fair play sur la terre battue et au travail-laisse soudre une belle sauvagerie à l'occasion des balles en revers.
Elle tire fort et juste, même à la retourne. Très beau mouvement d'épaule, accompagné d'un si surprenant « HAN » rauque et bref.
Une telle démonstration de puissance au dessus du guéridon et du service à thé Arts Déco-ceci sans aucun dégâts, ni giclures, ni éclats, sans la moindre miette de toast vadrouillante-force le respect pour la pédagogie de la FFT.
Le service a juste frémi et les conversations distinguées environnantes se sont suspendues avec semble t il une certaine stupeur teintée de politesse.
Même en ces lieux, la sauvagerie s'efface devant le bon aloi.
La salle est très « Chic à l'ancienne », pleine, exiguë, murmurante et tapissée de toile de Jouy, presque à l'obsession.
Je masse ma mâchoire douloureuse en silence et même si Valérie a enrichie sa réponse et son point de vue par son geste, j'ai l'impression d'avoir pris le mur du son dans la gueule.
La paire de gifle venant d'elle est une première pour moi.
Les yeux bleus d'azur de Valérie ont pris la couleur de l'océan, celle des tempêtes, le pot au noir, tonnerre et éclairs en promesse.
J'attends donc un bis repetita Mais là, rien, pas plus.
De ses yeux, les éclairs dardent en mode muet et furibard. Valérie, cheveux châtain clair, mi longs, épaules nues dans un chemisier ajusté sans manches, Valérie mariée à un autre, mère de famille, me vrille du regard , assise très droite et semble se raccrocher à sa serviette de baptiste à peine dépliée.

Nous sommes en été, il est 14h, un vendredi, notre tea-party est clandestine et je n'ai pu m'abstenir de remarquer le doux mouvement de ses seins quand elle s'est rassise après la volée au dessus de la porcelaine très collet montée.
Je suis marié et père de famille. Misérable.
Valérie, expert-comptable, amie d'enfance, respectable, confidente et amoureuse dilettante s'essuie avec éducation les lèvres et y perd ce qui lui reste de rouge.
Son regard est charbonneux et elle me dit :
- « Oui. Finalement cette fille doit avoir raison. C'est certainement la bonne question en ce qui te concerne. »
Valérie se redresse, reprend sa veste de tailleur et son sac Marc Labat qui oscillait sur son support chromé au rebord de la table. Valérie a le souci du détail jusqu'à ne jamais oublier son accroche sac de luxe « griffé ».
Elle tourne alors ses talons si élégants vers la porte de sortie style Louis XV et me plante là, bredouillant et assis.

Pour mieux comprendre, il nous faut expliquer et remonter le temps.
J'ai été élevé par une mère aimante et très dévouée mais rapidement sans illusions sur le fruit de ses entrailles.
Au fil de ma jeunesse, devant les apparitions cumulée de mes défauts, tant physiques qu'intellectuels et de mes échecs, mes râteaux et grosses contrariétés, elle m'a prodigué soins et conseils.
J'étais imparfait mais l'objet du bureau d'études.
Je me sentais attiré impérieusement vers les femmes émanations du monde sensible.
N'étant ni Chateaubriand, ni Vauban, comment songer à être Dom Juan dans un monde où les femmes sont de plus en plus aguerries et averties?
De ces dames, jeunes filles, divas, vampes, drôlesses, midinettes, esthètes et femmes émancipées, je prenais de ces rebuffades à vous ratatiner un épervier mais je persistais.

Je me destinait à une carrière de séducteur mais fallait il pour autant faire comme les héros de cinéma, n'être que virils, machos ?
Epouvanté par la virile préparation physique suggérée par le cinéma ou l'armée et autres salles de culturisme, je me réservais le soin de développer mon corps bancale par le biais de sports de plein air, conviviaux et culturels.
Ce qui m'entretins une forme physique appréciable.
Aussi claudiquant dans la vie comme en amour je fus lancé malgré tout dans l'existence et sur la carte du tendre pour m'y faire une place, nanti des bons conseils d'une ferme et douce maman.
Je pris donc à l'aune de mes atouts, une palanquée de râteaux, fins de non recevoir, renvoi, refus circonstanciés.
La gente féminine se défiait de moi et il devint évident qu'il fallait opérer différemment.

A quinze ans, en partageant dans la cuisine, le breuvage d'une théière de thé vert gun powder-un samedi d'automne-ma mère très doucement, me souffla de ne jamais solliciter une femme ni dans un ascenseur, ni un parking et de ne jamais la siffler, ni la peloter à moins que cela ne soit déjà une amie. De plus, pour une question de qualité relationnelle, de ne jamais offrir des billets de banque en place des fleurs et des chocolats.
Je fus docile, attentif et me lançait dans le jeu, soignant de la sorte mes approches en récidive.

Je fis des approches, des tentatives et puis des approches, des fuites et quelques conquêtes, ce qui m'amena à parler davantage, à faire des promesses, à me marier, à perdre des amies, à en regagner, à promettre à nouveau, à faire des enfants, donc à m'appliquer, à promettre encore, à me remettre en question puis à rêver à de nouvelles rencontres.
J'apprenais à écouter et à poser des questions.

Ne fumant pas, j'avais cependant toujours sur un beau briquet en nickel.
Ayant suscité l'attachement de Sandrine, une plantureuse brune, je l'épousait et lui faisant trois enfants, Louis, Marie et Lucie, je faisais en sorte d'être à l'écoute de ses attentes sexuelles et sociétales.
Comme il fallait faire vivre toute cette tribu, je développais mes compétences et mon sens des responsabilités.
Professionnellement, je me perfectionnait dans l'art d'écouter, d'observer et de poser des questions importantes pour visualiser avec mon client l'excellence de son projet en élaboration. Cela m'épuisait un peu quand même, mais je réalisais que je connaissais de plus en plus de femmes.

Mon travail était d'écouter et de conseiller des gens, souvent des femmes en fait, qui ont plein de projets professionnels, très dynamiques.
Mes outils sont mon sourire calme, mes mains croisées devant moi sur un bureau muni de papier format A4, de beaux stylos noirs et de surligner de couleurs variées dont je me sert négligemment. J'articule correctement, j'ai pris des cours délicieux avec Edwige. Je souris et dis plein de choses positives en me laissant interrompre avec patience, faisant mine de me mettre en retrait devant certains plus avantageux que moi et pour reprendre avec dévouement le fil de l'entretien. Je n'ai pas pas d'atelier ou de poste mais des rendez-vous, parfois de quelques minutes, parfois de trois heures, autour d'un café, mon interlocuteur est bien en face à la distance d'un guéridon.
Aussi, je vais souvent chez le dentiste, me brosses méthodiquement les dents.
Mon déodorant est de qualité. Gym tous les matins, étirements pour le dos. Deux heures de Jogging tous les week-end. Cosmétique et politesse. Je mange en affichant mon respect pour les bonnes cuisinières, Aline, Marielle ou sa mère.
Le coup de fourchette toujours en compagnie.
Je suis tolérant, ne fumant pas , je suis toujours prompte à écouter Sylviane et d'autres charmantes au moment du café et de la cigarette.

J'ai des collègues femmes qui ont plein de problèmes, elles doivent obéir à d'autres hommes que moi, font l'amour à d'autres, ont des enfants qui ne sont pas les miens et qui tombent malades.
Je suis à l'écoute et calme même quand je suis stressé.
J'ai des voisines aussi, des amies, des toubibs, plein de toubibs avec des ovaires, des conseillers bancaires qui portent des bébés, qui enfantent aussi. Je suis avenant, galant et poli avec Mme Verdier, mon dentiste orthodontiste.
Des amies anciennes, Nathalie N. de V. Isabelle V. se rappellent de moi, me montrent avec ravissement les photos de leurs enfants et leurs propres décolletés. Elles m'invitent avec ma femme et mes enfants aux premières communion et bar mitsva. Je suis à la table de la mariée lors des banquets de remariage. Je suis discret et galant et ne réclame rien, mais toujours accessible. Peu exigeant, je reçois beaucoup de gratitude, ne m'attardant jamais outre mesure.
Je suis le confident idéal et me montre comme un automobiliste et un père de famille fair-play, courtois, me laissant élégamment dépassé et supplanté par de plus beaux, plus jeunes et plus riches.
Le livre de savoir-vivre de la baronne Staff est à mon chevet, à côté de l'huile de massage et la crème hydratante.
Je reçois des mails d'amis, d'amies à des heures indues pour trois mots, un compliment, un aveu, une critique et retrouve le fil du travail ou des occupations sans être corrompu.

Je navigue dans un océan de poignée de mains, moites, sèches et molles, carrées, fermes et regarde dans les yeux, pupilles à pupilles en écoutant avec les yeux, regardant ailleurs avec les oreilles, recevant les mots, les habiles et les maladroits.
Je rends hommage même en silence aux beaux sourires, belles formes, belles fermetés et autres douces fraîcheurs, aux belles carrières, aux demandes et à la détresse.
Je suis l'ami ou le parent à qui des femmes attristées confient le soin d'écrire quelques mots en hommage au papa ou au tonton décédé. Carine B. ou Louise T. se sont laissées réconforter après m'avoir confié leur émotion devant mon hommage à leurs défunts. Je m'éclipse des mariages et des enterrements avant d'être indiscret.

Je chope les beaux moments et les belles personnes, rien que pour une minute, un instant.
Je dis bonjour, je dis champagne et paye expresso sur le zinc. Sandra préfère le champagne blanc de blanc très frappé, Rebecca revendique les assemblages plus vineux et servis juste frais.
Quand je marche, le nez à hauteur de chevelure, ma chemise est propre, ma barbe rasée.
Je m’intéresse aux lectures et goûts des autres.
Que mangent-ils ou que grignotent elles ? Petits plaisirs et badinages, vagabondage sans oublier mes tâches, mes rendez-vous. Je consacre du temps à me montrer utile, futile et désintéressé. J'apprends à badiner sérieusement autour d'un thé avec des amies à temps perdu. J'accueille et je pardonne beaucoup comme à Lucille.
Me voici avec une amie, Jasmine ou Anaïs, à ma table au café le samedi, ma femme et mes enfants qui arrivent. Je reprends le fil.
J'entretiens mes voitures et légèrement celles des amies, sans contraintes durables.

Je suis superficiel souvent et longtemps, intime si régulièrement et connais les charmes, les atouts et les faiblesses de Maryse, Hélène, Pétra, Juliette. Je connais leurs fringales secrètes et petites faiblesses et mesure, évalue les façons et les matières de leurs nippes, accessoires de mode et capte plein de trésors d'aveux dans leurs yeux.
Ainsi sur 20 ans j'ai su être présent sans m'imposer, en ami et bon voisin, j'ai vu Maryse perdre et reprendre ses joues au gré des grossesses et des ruptures et ayant toujours un mot gentil pour elle et ses enfants il n'a pas fallu six mois pour qu'elle me fasse connaître gentiment le grain de sa peau et son numéro de téléphone.
Hélène a une peau de blonde et montre des signes d'allergies cutanées à son mari ainsi qu'au soleil de Paris, surtout en hiver. Cependant aucune éruption cutanée quand je lui offre des fleurs à l'impromptue avant de rejoindre ma femme.
J'ai pour habitude de ressortir après diner pour marcher seul, ce qui me donne l'occasion de passer chez Pétra et la caresser en écoutant du Chostakovitch sans rien ignorer de ses goûts musicaux.
Nous connaissons déjà Valérie qui ne m'a jamais vraiment quitté complètement, glissant ça et là des mots tendres, caresses, courtes étreintes au gré des cérémonies familiales, festivités consacrées et randonnées entre amis. Valérie discrètement indulgente avec moi ainsi qu'un peu envers elle-même.
Je connais tous mes défauts et m'avoue peu présentable.
Il y à cinq ans, Maîté 30 ans aujourd’hui, a emménagé dans notre résidence avec son mari, Paul. En jeune couple distingué et dynamique, ils ont pris leurs marques au son leur accent de Montpellier, tel un clairon de caserne. Arrivés du sud jeunes mariés et jeunes diplômés dans de nouveaux postes de cadres à Paris il fallait se montrer jovial avec distance, sans empressement et détailler par le menu notre propre statut social.
Et longtemps cela en resta là.
Maïté, ancienne danseuse classique, élancée, traversait le quartier avec la grâce d'une danseuse étoile. On pressentait les entrechats. Il lui restait de l'apprentissage de la danse quelques postures particulières et cette beauté fine aux articulations maigres.
Le regard brun et la chevelure étaient -dirait on- espagnols ou italiens. Maîté souriait souvent et discrètement mais pour mieux donner coups de dents et coups de talons.
En nous croisant, remontant l'allée je l'ai vu quelques fois chasser une larme.
Elle était assez grande et marchait à grandes enjambées et si elle mettait du rouge à lèvres, elle ne se maquillait pas les yeux.
Elle m'a vu revenir d'un footing, un dimanche matin, dans un piteux état et son cabas plein de poireaux et de poivrons et d'aubergines, à la main elle n'a pas pu s'empêcher de pouffer et le sourire de ses yeux était éclatant. J'ai convenu de mon état par un autre sourire et nous avons parlé un moment de ce qu'elle allait cuisiner et je la quittait pour aller prendre une douche car je puais pour de bon.

Une autre fois le long de la pente plantée de troènes de la résidence, la chaine de son vieux vélo avait sauté. Elle nous héla ma fille Lucie âgée de cinq ans et moi alors que nous sortions faire une razzia chez le pâtissier. Maïté affichait son embarras devant la chaine graisseuse pendante et son vélo encombrant. La robe était jolie et délicate. Je pris un moment pour trouver chiffon et graisse. Les doigts gras et noirs, je lui rendis un vélo opérationnel.
Nous fumes conviés à un barbecue. Je refis du feu et de la braise et prenait en main les grillades. Je notais la préférence de Maïté pour les grands Bordeaux avec les entrecôtes et le Chablis 1er cru avec les salades de fruits de mer.
J'en profitais pour mieux lui présenter ma femme

Je surpris une autre fois Maïté essuyant délicatement la bouche de ma plus jeune fille barbouillée de glace au cassis.
Chez Maïté la maternité si désirée, tardait un peu et je la sentais encline à être invité en particulier au moment des fêtes de Noël. Nous nous vouvoyions, nous serrant la main plus souvent. De courts moments
A l'occasion d'une panne générale d’électricité dans la résidence, elle se chargea de la rénovation et mise aux normes de toute l'installation électrique, c'était sa partie. Je prenais notes faisant office de secrétaire. Elle prenait du temps pour me former sur le sujet. Elle se détendait et je me cultivais, on se côtoyait. Nous avions échanger nos n° de portable.

C'est elle qui s'aperçue de la forte fièvre de ma cadette et m'en avertie avec empressement
Maïté était solitaire.

Une fois enceinte de cinq mois, un matin très tôt elle me demanda de la conduire en voiture à un gros rendez vous de boulot. Elle était mal à l'aise, embarrassée et me confia sa date d'anniversaire. Un dimanche15 avril à 10h15. Une fois arrivés au rdv, elle m'incita à bien me concentré pour une bonne journée de boulot. Nous éclatâmes de rire et je partis dans un souffle.

Nous fûmes invités à célébrer l'arrivée de l'enfant, une fille, Emma, joli sourire aux yeux noisette et des petits poings bien serrés, allaitement au sein au salon en pleine conversation sans oublier les bonnes manières. Je n'en fis pas état.

J'étais entouré de mes enfants quand Maïté m'annonça chez elle qu'elle mettait en route le deuxième marmot. J'en fus heureux et le dit.

Le temps passant, les enfants grandissants, les nouveaux nés se démultipliant, anniversaires et baptêmes, etc..il fallait gagner plus d'argent, j'étais moins là et obtint une promotion. Ma femme, Valérie et Maïté en furent ravies. Cette dernière l'exprima
davantage en public. Valérie et Maïté se croisèrent à la fête de mes quarante ans , sans s'apprécier et j'offris pour sa fête à elle, un carburateur et son installation pour sa petite Peugeot.

Elle traina un peu durant son congé de maternité, horripilée de tout, je lui souriais en passant au hasard de nos rencontres

Changeant d'entreprise, nous nous retrouvions en quelques sortes voisin de bureau à Paris quartier Rivoli, partageant un café dans un bon bistrot, moi j'écoutais, tenant sa main.

Elle me fit essayer son nouveau coupé Audi pour rentrer à la maison, côte à côte discutant à bâtons rompus jusqu'à la quitter pour dîner.

Une heure ou deux tous les week-end end j'assistais aux babillages et aux jeux de ballons de ses enfants.
Ma femme, Valérie et Maïté, ressentirent la nécessité de porter du n° 5 de CHANEL, la maturité sexy sans doute.
J'allais de rendez vous d'affaires en rendez-vous dans toute la région parisienne et Maïté me retrouvait à l'occasion d'une pause café, d'un trajet en voiture, gare ou aéroport, d'une visite chez le garagiste. Bons camarades, nous parlions bagnoles, boulot et enfants. Nos mains étaient baladeuses. J'écoutais Maïté et j'apprenais même si elle me parlait de plus en plus souvent de ses nuits difficiles.
En famille, nous allions régulièrement en bord de seine, pour courir, faire du vélo jouer au ballon avec les enfants et je surpris Maïté à suer

Je remarquais sa propension à fumer davantage avec des pincements de lèvres et de courts soupirs.
Un midi, en fait c'était la semaine dernière, elle me convia non pas dans un bistro mais dans une belle brasserie-grands miroirs, belles nappes blanches amidonnées, boiseries, zinc, cuivre et inox-et je m'en montrais surpris.
Main dans la main , doigts entrecroisés Maïté et moi dégustions un verre de Morgon. Elle pleura un peu. J'eu un geste vers elle en lui touchant la joue humide à pleine paume.
Je lui demandais si les enfants allaient bien.
Elle me répondit : 
-« Oui, oh oui , ils vont très bien. »
- « Super, alors !»
- « Oui, mais... »
- « Tu es belle, même quand tu pleurs. »
Et là je souris, sourire calme et mains croisées, il ne manquait que le papier blanc et les stylos, j'embrayais avec l'usine à questions du pro.
Puis j'ajoutais :
- « C'était comment les vacances d'Arcachon avec les enfants, Paul et ton nouveau v6 ? ».
Elle rit et me roula une pelle, ce que nous avions oublié de faire.
Elle avait bon goût, belle saveur
Le maitre d’hôtel nous servis une belle entrecôte vigneron et sa garniture en verdure mais je notais que Maïté avait laissé certaines de mes questions en suspend.
En mâchant sa viande de bel appétit, le nez dans son assiette, elle me dit :
- « Et toi, qu'attends vraiment tu de moi ? »
- « La vie quoi, des moments comme celui-ci. »
- « C'est tout, pour de vrai ? »
- « Je tiens à toi, je suis à ton écoute et toi que veux tu faire ? »
Une seconde j'ai posé la main et les yeux sur mon portable au pied de mon verre de vin rouge.
Elle sourit, pinça la bouche puis resourit, redressant le nez et le buste d'un coup sec.
Danseuse étoile. Série d'entrechats, coups de genoux. Quelque chose de plus vif s'était renouvelé en elle, un circuit électrique. Voyant rouge, le final.

- « Dites-moi mon cher Fabien, ne seriez-vous pas une putain d'allumeuse ? »
- « NON, non, pourquoi ? Et pourquoi une putain? »
- « En fait, ton vrai défaut, ton vrai problème de séducteur c'est que t'allume, c'est tout , comme une gonzesse. »
- « Ben non, quoi, Heu..mais non, je m'adapte, c'est tout. »

Elle se leva en me repoussant la table, la chaise et moi pour mieux me gifler en plein sur l'oreille gauche. Sifflements, tintements, tout assourdit.
Elle décampa

J'en fus tout retourné et repris le fil. Travail.

Et me voici devant Valérie à Versailles au dessus du Darjeeling. Je ronge mon frein puis je me confie.

- « Et voilà ce qu'elle m'a balancé à moi, tu te rends compte. Me traiter d'allumeuse alors que je m'adapte à la vie. »
- « Humm, disons.. »
- « Et toi, avec la relation que nous avons depuis des années, tu crois vraiment que c'est ça mon problème, être une putain d'allumeuse ? »

Vous connaissez la suite, la réponse tennistique de Valérie.
J'ai repris le fil de ma journée de boulot, questions, réponses, écoute, pause, silence sourires, saveurs, dans la vie.
Avant de rentrer seul chez moi le soir, je me suis arrêté chez le fleuriste et sans m'attarder avec la vendeuse, sans lui poser de questions, j'ai choisi 25 roses rouges.


Je continuerais à paraître mais ce soir à la maison avec femme et enfants, simplement.

J'ai pris ma femme dans mes bras en silence, pommettes contre pommettes.
Avec mes enfants, réunis à chacun j'ai posé mes questions sur leur journée, leurs projets, leurs attentes, droit dans les yeux, sans stylos ni portable, en prenant le temps, en me livrant tout entier.

Tout entier.

Alden
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